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20/10/2016

René BON, À plus de cinquante ans, il se découvre patron

René BON

René Bon a repris la SAS Relier, une entreprise de couverture basée à Objat, en Corrèze, il y a un peu plus. L'association Réseau Entreprendre l'a accompagné dans cette aventure périlleuse.

Le tout nouveau lauréat de Réseau Entreprendre, René Bon, a un profil atypique puisque c'est la première fois qu'il dirige sa propre entreprise, à cinquante-quatre ans. Cependant, cette maturité lui confère un avantage certain puisqu'il avait toutes les cartes en main pour se lancer du fait de l'expérience acquise au cours de sa carrière. Dans son entreprise précédente, à Limoges, il a géré jusqu'à quarante personnes. « J'avais tous les éléments en main: l'expérience du terrain et celle de la gestion », se satisfait-il un peu plus d'un an après avoir repris la SAS Relier, à Objat.

Fils et petit fils d'artisans couvreurs, René Bon est né en 1962 en Picardie et a grandi à proximité de la mer, dans la baie de Somme. Il a suivi la même voie que ses aïeux en se lançant dans une formation de couvreur: « J'ai démarré tout en bas de l'échelle en passant en premier lieu un CAP à Amiens puis un brevet professionnel à l'École supérieure de la couverture (ESC) d'Angers, diplôme qui n'existait que dans cette école à cette époque. » De retour à Amiens au milieu des années quatre-vingts, il prend des cours du soir sur deux années, tout en travaillant dans l'entreprise familiale pour parfaire son art en passant un brevet de maîtrise.

De la Picardie à Limoges

Âgé de vingt-cinq ans, en 1987, le jeune Picard quitte son fief, son sac sur le dos, pour atterrir à Limoges. « On m'a proposé un stage de formation à la Fédération des métiers du bâtiment de Limoges, ce qui m'a servi de tremplin puisque je suis allé voir le directeur à la fin pour lui dire que je ne repartais pas en Picardie et il m'a donné deux adresses d'employeurs. J'ai même eu à choisir entre les deux », se remémore-t-il. La belle époque…

René Bon a ainsi commencé comme métreur dans une première entreprise pendant trois ans. « Je quittais un petit peu le terrain », raconte-t-il. Une entreprise un petit peu plus importante, la SOPCZ, recherchait un responsable d'activité. Il obtient le poste et restera vingt-trois ans dans cette société coopérative.

En 2013, René Bon finit par s'en aller puisqu'un nouveau PDG vient d'arriver à la tête de la société et que l'entente avec ce dernier n'est pas au beau fixe. Un mal pour un bien puisqu'il confie : « Cela m'a toujours titillé de reprendre une entreprise. J'ai déjà failli en 1987 mais nous n'avions pas trouvé d'accord dans la famille. Et je n'ai aucun regret puisque c'est mon frère qui a fini par la reprendre et elle existe toujours.»

La difficulté de redémarrer à zéro

Le Picard se lance donc dans les recherches pour trouver une entreprise à reprendre. Malgré sa motivation et son expérience, René Bon a eu toutes les peines du monde à trouver la perle rare. « Je cherchais prioritairement en Haute-Vienne », précise-t-il. D'autant qu'il s'en est rendu compte depuis qu'il a repris la société objatoise de Daniel Relier, « en changeant de secteur géographique, on redémarre à zéro pour toutes les connaissances professionnelles. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai préféré reprendre que créer une entreprise pour bénéficier de la clientèle, du nom et du savoir. »

« Dans la conjoncture actuelle, c'est un risque à prendre de se lancer dans un projet comme celui-ci. On se remet dans la  précarité », estime René Bon. Le Picard a eu la chance, au 1er août 2015, de récupérer une entreprise en bonne santé « dans laquelle il n'y a jamais eu d'incident bancaire, où il y avait de la trésorerie et du matériel ». Une entreprise où il est à la tête de huit salariés.

Aujourd'hui, l'entrepreneur est donc bénéficiaire d'une aide de Réseau Entreprendre. Il a connu l'association « au moment où je sollicitais les banques et que ça ne bougeait pas ». Lors d'une journée portes ouvertes chez un ami entrepreneur, à Limoges, une connaissance a pris son numéro de téléphone en lui disant qu'il connaissait du monde à Brive.

Réseau Entreprendre comme détonateur

Deux jours plus tard, on le rappelait. « Je commençais un peu à désespérer après un ou deux échecs sur des projets qui me plaisaient. Le soutien de Réseau Entreprendre m'a redonné confiance », estime René Bon. Le contact avec les banques s'en est trouvé facilité et le cinquantenaire a pu racheter l'entreprise de couverture de Daniel Relier à l'été 2015.

Un an plus tard, l'entrepreneur reçoit son prêt d'honneur de 37 000 euros en ce mois d'octobre. Une manne financière qui va lui permettre de s'octroyer un bonus : « L'outil de travail, on l'a. Par contre, c'est un vieil outil. Il va donc y avoir des décisions à prendre et le fait de renforcer la trésorerie va permettre d'envisager du remplacement de matériel ou de l'achat de locaux. »

Réseau Entreprendre permet aussi de « ne pas s'isoler et de partager avec d'autres lauréats. Se déconnecter et réfléchir différemment. Les techniques et l'environnement bougent également donc cela permet de rester informé. »

Et comme le nom de l'association l'indique, « on élargit ses connaissances et son réseau ». Idéal pour cet ancien Limougeaud qui a tout repris depuis le départ en changeant de département.